L’audit énergétique réglementaire s’impose aux entreprises dont la consommation dépasse le seuil fixé par le code de l’énergie. Il examine les bâtiments, les procédés et, selon l’activité, les transports pour détecter les gisements d’économies, puis chiffre les actions dans un rapport.
Cet article couvre la nature de cet audit, les entreprises concernées depuis le nouveau seuil de consommation, le contenu de la norme NF EN 16247, les sanctions encourues et le cas des entreprises certifiées ISO 50001.
Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?
L’audit énergétique réglementaire est la revue obligatoire des consommations d’énergie d’une entreprise, effectuée par un auditeur qualifié et renouvelée tous les quatre ans.
Sa finalité tient à son livrable. L’auditeur relève les consommations réelles, les hiérarchise par poste, puis transmet un rapport chiffrant les économies possibles et le temps de retour des actions préconisées.
L’audit porte sur au moins 80 % de la consommation d’énergie finale rattachée au numéro SIREN. Un audit limité à un site secondaire ne satisfait pas à l’obligation.
L’auditeur détient une qualification reconnue, délivrée en France par l’OPQIBI. L’entreprise qui dispose de compétences internes qualifiées réalise l’audit elle-même, à condition qu’il n’audite pas les installations dont il a la charge.
Quelles entreprises sont soumises à l’audit énergétique ?
Les entreprises soumises à l’audit énergétique sont celles dont la consommation moyenne d’énergie finale atteint 2,75 GWh par an sur les trois dernières années civiles, quelle que soit leur taille.
L’ancien critère visait les grandes entreprises selon leurs effectifs et leur chiffre d’affaires ; depuis la loi DDADUE du 30 avril 2025, seule la consommation importe, et une PME très consommatrice entre dans le champ.
Deux échéances scandent le calendrier.
- Avant le 11 octobre 2026 : le premier audit conforme au nouveau régime, pour les entreprises au-delà de 2,75 GWh par an.
- Avant le 11 octobre 2027 : un système de management de l’énergie certifié, pour celles qui dépassent 23,6 GWh par an.
L’assiette se calcule au niveau du SIREN, sur la consommation d’énergie finale, tous usages confondus.
Ce schéma situe les deux seuils, leurs échéances et ce que chacun impose.

Que contient la norme NF EN 16247 ?
La norme NF EN 16247 contient la méthode que suit un audit énergétique réglementaire, des modalités de la visite jusqu’à la forme du rapport remis.
Elle comporte quatre parties.
- NF EN 16247-1 : les exigences générales, communes à tous les audits, qui définissent le déroulement et le contenu du rapport.
- NF EN 16247-2 : les bâtiments, avec l’enveloppe, le chauffage, la ventilation et l’éclairage.
- NF EN 16247-3 : les procédés, soit les consommations liées à la production elle-même.
- NF EN 16247-4 : les transports, pour les flottes et les déplacements rattachés à l’activité.
Une entreprise industrielle mobilise souvent les parties 1, 2 et 3. La partie 4 s’applique aux entreprises dont les transports pèsent dans la consommation.
Ce schéma détaille les quatre parties de la norme et le domaine que couvre chacune.

Quelles sanctions en cas d’absence d’audit ?
Les sanctions encourues sont financières : une amende plafonnée à 2 % du chiffre d’affaires, portée à 4 % en cas de manquement réitéré.
La sanction est celle d’un défaut formel. Ce qui est sanctionné, c’est l’absence d’audit ou de système de management, pas l’absence de résultats : l’entreprise qui réalise son audit sans appliquer les recommandations reste en règle.
Le montant se rapporte au chiffre d’affaires, ce qui change l’ordre de grandeur. Pour une entreprise réalisant 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, le plafond atteint un million d’euros.
Comment l’ISO 50001 dispense-t-elle de l’audit ?
L’ISO 50001 dispense de l’audit lorsque la certification couvre au moins 80 % de la consommation d’énergie finale de l’entreprise. Le système de management tient alors lieu d’audit quadriennal.
Cette exonération tient à la nature des deux dispositifs. L’audit constate les consommations à un instant donné, tous les quatre ans ; le système de management de l’énergie organise une surveillance continue, avec ses propres audits internes et externes. Le système de management englobe ce que l’audit relève.
Le seuil des 80 % vaut dans les deux cas. Une certification ISO 50001 qui couvre moins de 80 % de la consommation ne dispense pas de l’audit.
Audit réglementaire ou audit d’un logement : quelle différence ?
L’audit énergétique réglementaire et l’audit énergétique d’un logement diffèrent par leur cible et leur fondement juridique : le premier vise les entreprises au-delà d’un seuil de consommation, le second un bien immobilier mis en vente.
L’audit d’un logement relève du code de la construction et de l’habitation. Il est obligatoire en cas de vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, et il est remis à l’acquéreur avec le diagnostic de performance énergétique.
L’audit réglementaire d’entreprise relève du code de l’énergie, respecte la norme NF EN 16247 et ne s’inscrit dans aucune transaction. Les déclencheurs, les auditeurs et les destinataires de ces deux dispositifs diffèrent.
Pourquoi l’audit énergétique concerne-t-il un acheteur de goodies ?
L’audit énergétique concerne un acheteur de goodies parce qu’il s’applique aux sites de production qui fabriquent et marquent les objets. Il touche des activités fortement énergivores : impression, plasturgie, textile.
L’échéance du 11 octobre 2026 rend la question actuelle. Un fournisseur au-dessus du seuil qui n’a pas engagé son audit tombe en infraction le 11 octobre 2026. La question se pose donc dès la sélection du fournisseur, avant l’échéance.
L’information reste de portée limitée. Avoir réalisé l’audit prouve une conformité réglementaire, pas une performance : le rapport recommande des actions sans obliger à les déployer. Le rapport lui-même reste un document interne, qu’aucune disposition n’oblige l’entreprise à communiquer à ses clients.
Quels labels renseignent sur la performance d’un fournisseur ?
Les labels qui renseignent sur la performance d’un fournisseur sont ceux qui portent sur son organisation, distincts de ceux qui concernent les objets qu’il vend.
Deux familles se distinguent.
- Les labels d’entreprise : ils notent la démarche RSE du fournisseur à partir d’un référentiel commun.
- Les certifications de système : elles attestent une méthode de management, énergétique ou environnementale.
Ni les uns ni les autres ne qualifient un objet précis. Un acheteur qui cherche une garantie sur le produit consulte les labels éco-responsables.