Label GRS : définition, garanties et logo

La rédaction 7 min de lecture

Le label GRS mesure la part de matière recyclée d’un produit et la trace du recycleur au fabricant. Deux seuils le structurent, l’un pour obtenir la certification, l’autre, plus élevé, pour apposer le logo devant le consommateur.

Cet article couvre le périmètre du label, ses seuils, la lecture de son logo, sa procédure de certification et son application aux goodies en matière recyclée.

Qu’est-ce que le label GRS ?

Le label GRS, pour Global Recycled Standard, est une marque apposée sur les produits dont la part de matière recyclée est vérifiée et tracée du recycleur au fabricant. Le contrôle porte sur le produit et sur chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement.

Le label exige un minimum de 20 % de matière recyclée pour qu’un produit soit certifié, et 50 % pour apposer le logo sur un produit destiné au grand public. La différence distingue un usage entre professionnels d’une allégation faite au consommateur final.

Le label est administré par Textile Exchange, une organisation à but non lucratif éditant plusieurs référentiels de matières. Sa version 4.0 publiée en juillet 2017 est toujours la version en vigueur. Son périmètre ne se limite pas au textile mais à toute matière recyclée entrant dans un produit, du polyester au coton en passant par les plastiques.

Le label complète les exigences de contenu par des critères portant sur les procédés de transformation. Un recycleur qui atteint le seuil de matière sans respecter ces critères n’obtient pas la certification.

Que garantit le label GRS ?

Le label GRS garantit trois axes distincts, vérifiés séparément chez chaque acteur de la chaîne. Il ne dit rien de l’impact environnemental global du produit fini, ni de sa recyclabilité future.

Les axes couverts par le label sont détaillés ci-dessous.

  • Le contenu recyclé : la part réelle de matière recyclée, mesurée et documentée à chaque étape.
  • La traçabilité : la continuité documentaire du recycleur jusqu’au fabricant du produit fini.
  • Les critères sociaux, environnementaux et chimiques : les conditions de travail, la gestion de l’eau et des déchets, les substances interdites dans les procédés de transformation.

Ce schéma distingue les trois axes du label et rappelle ce qu’il laisse de côté.

Les trois axes contrôlés par le label GRS : contenu recyclé, traçabilité et procédés de transformation

Deux seuils chiffrés se distinguent, et leur confusion est l’erreur la plus fréquente sur ce label. La certification GRS s’obtient à partir de 20 % de matière recyclée. L’apposition du logo sur un produit vendu au grand public exige 50 %. Un fournisseur qui annonce un produit « certifié GRS » sans préciser le pourcentage reste dans le premier cas de figure.

À quoi ressemble le logo GRS ?

Le logo GRS se présente comme le sigle du label accompagné du numéro de licence du titulaire et du nom de l’organisme certificateur. La mention du pourcentage de matière recyclée figure sur les produits qui atteignent le seuil grand public.

Trois éléments composent le marquage.

  • Le nom du label : la mention « Global Recycled Standard », qui le distingue du Recycled Claim Standard édité par le même organisme.
  • Le numéro de licence : identifiant du titulaire, seul élément qui permet de remonter au certificat réel.
  • L’organisme certificateur : le nom de l’organisme accrédité qui a conduit l’audit et engage sa responsabilité.

Ce schéma détaille chaque élément du logo et ce qu’il permet de contrôler.

Les trois éléments du marquage GRS : nom du label, numéro de licence et organisme certificateur

La vérification passe par la base publique de Textile Exchange, où le numéro de licence donne accès au titulaire, au périmètre couvert et à la date d’expiration. Un logo sans numéro de licence lisible constitue le signal d’alerte le plus direct sur ce label.

Comment un produit obtient-il la certification GRS ?

Un produit obtient la certification GRS lorsque chaque maillon de sa chaîne détient lui-même un certificat en cours de validité. La procédure suit cinq étapes.

  1. Faire auditer chaque site de transformation par un organisme accrédité, du recycleur au fabricant du produit fini.
  2. Obtenir pour chaque site un Scope Certificate, qui atteste le périmètre d’activité couvert.
  3. Émettre un Transaction Certificate à chaque envoi de matière entre deux maillons certifiés.
  4. Faire vérifier la continuité documentaire entre les Transaction Certificates et le volume réellement livré.
  5. Obtenir le certificat du produit fini lorsque la chaîne est complète et le seuil de contenu atteint.

Ce schéma suit la matière d’un maillon à l’autre et situe les deux documents de traçabilité.

La chaîne de certification GRS du recycleur à l'acheteur, avec Scope Certificate et Transaction Certificate

Cette architecture distingue le GRS des référentiels qui contrôlent le seul produit fini. Une rupture chez un intermédiaire invalide la revendication en aval, même si le fabricant final est certifié. Les audits sont conduits par des organismes tiers accrédités par Textile Exchange, parmi lesquels Control Union, Intertek et SCS Global Services.

Pourquoi choisir des goodies certifiés GRS ?

Choisir des goodies certifiés GRS écarte le risque d’une allégation « recyclé » invérifiable, la plus courante sur les objets promotionnels en plastique et en textile.

Un tote bag en polyester recyclé ou une gourde en plastique recyclé se présentent à l’identique, qu’ils contiennent 10 % ou 80 % de matière recyclée. Sans certification, l’acheteur n’a aucun moyen de trancher. Le certificat donne la part réelle et le nom de l’organisme qui l’a vérifiée.

Le seuil compte autant que le label. Un produit certifié à 20 % et un produit à 50 % portent la même mention « certifié GRS », alors que seul le second peut afficher le logo devant le consommateur. Demander le pourcentage exact au fournisseur est la seule façon de comparer deux offres.

Cette exigence prend un poids particulier depuis que la réglementation européenne encadre les allégations environnementales : une mention « recyclé » non étayée expose l’annonceur autant que le fabricant.

Ce schéma oppose les deux seuils du label, celui de la certification et celui du logo grand public.

Les deux seuils du label GRS : 20 % de matière recyclée pour la certification, 50 % pour le logo grand public

GRS ou RCS : quelle différence ?

GRS et RCS sont deux référentiels du même organisme, Textile Exchange. Le RCS vérifie uniquement la part de matière recyclée, quand le GRS y ajoute des exigences sur les procédés de transformation.

Le seuil minimal les sépare. Le RCS certifie à partir de 5 % de matière recyclée, le GRS à partir de 20 %. Un produit certifié RCS n’apporte aucune information sur les conditions de travail, la gestion de l’eau ou les substances employées chez le transformateur.

Un acheteur qui vise la seule traçabilité du contenu recyclé retient le RCS. Un acheteur qui vise les conditions de production retient le GRS.

Quels goodies peuvent être certifiés GRS ?

Les goodies certifiables GRS sont tous les objets dont une matière entrante est recyclée. Les familles concernées sont détaillées ci-dessous.

  • Textile recyclé : tote bags, t-shirts, sweats en polyester ou en coton recyclé.
  • Plastique recyclé : gourdes, stylos, porte-clés, boîtiers.
  • Accessoires : cordons, sangles, doublures issues de matières recyclées.

Le polyester issu de bouteilles plastique, ou RPET, constitue le cas le plus fréquent sur les catalogues d’objets promotionnels. Les objets sans matière recyclée entrante restent hors périmètre, quelles que soient leurs autres qualités environnementales.

Le certificat porte sur un lot, pas sur une référence catalogue. Un même modèle de tote bag existe en version certifiée et en version non certifiée, selon l’origine de la matière du lot produit. Le Transaction Certificate du lot livré tranche, la fiche produit ne suffit pas.

Quels autres labels pour des goodies responsables ?

Les autres labels applicables aux goodies sont répartis en quatre familles de référentiels. Chaque famille répond à une question différente.

  • Les labels de matière : ils attestent la composition ou la provenance d’une matière.
  • Les labels d’origine : ils portent sur le lieu de fabrication.
  • Les certifications d’entreprise : elles évaluent le fournisseur et non l’objet qu’il vend.
  • Les notations extra-financières : elles situent la performance RSE du fournisseur sur une échelle.

Ces quatre familles structurent le paysage des labels éco-responsables qu’un acheteur croise sur un catalogue, avec des niveaux de contrôle et des périmètres qui varient fortement de l’une à l’autre.

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