Une certification RSE est l’acte par lequel un organisme tiers vérifie qu’une entreprise respecte un référentiel de responsabilité sociétale, à l’échelle de son organisation et non d’un produit isolé.
Cet article couvre la distinction entre un label, une certification, une norme et une notation, la différence entre certification et accréditation, les critères de fiabilité, les familles de certifications existantes, les démarches d’audit social et le fonctionnement de l’audit amfori BSCI, les certifications environnementales, la vérification d’un certificat fournisseur et les abus de langage courants.
La valeur d’une certification tient à l’indépendance de l’organisme qui la délivre et à son accréditation par une autorité publique.
Label, certification, norme ou notation : quelle différence ?
La principale différence entre un label, une certification, une norme et une notation réside dans l’identité de celui qui écrit le référentiel et de celui qui réalise le contrôle.
- Une norme est un référentiel officiel (souvent international) qui fixe des exigences vérifiables. La certification de celles-ci donne lieu à un audit par un organisme accrédité. La norme ne s’affiche pas sur le produit.
- Une certification est l’acte par lequel un organisme tiers atteste qu’une entreprise respecte un référentiel donné.
- Un label est une marque graphique adossée à un référentiel (privé ou sectoriel), valorisée dans la communication.
- Une notation attribue un score et un niveau, et n’appose pas de marque sur l’objet.
La norme de référence, la notation extra-financière et les labels de produit font l’objet d’un développement distinct. Certains signes sont de nature mixte : un label sectoriel repose presque toujours sur une certification par un tiers.
Quelle différence entre une certification et une accréditation ?
La différence entre une certification et une accréditation tient à ce que chacune qualifie : l’accréditation qualifie l’organisme certificateur, la certification qualifie l’entreprise auditée.
Un organisme certificateur atteste qu’une entreprise respecte un référentiel. Pour garantir sa compétence, cet organisme est lui-même évalué par une autorité d’accréditation.
En France, le Comité français d’accréditation (COFRAC) est l’unique autorité nationale reconnue pour cette mission. Il accrédite les certificateurs selon deux référentiels internationaux : la norme ISO/IEC 17021-1 pour la certification des systèmes de management, comme ISO 14001, et la norme ISO/IEC 17065 pour la certification des produits, procédés et services.
Une certification délivrée par un organisme accrédité offre une garantie supérieure à une certification non accréditée : la compétence du contrôleur a elle-même été vérifiée par une autorité publique.
Peut-on se fier à une certification ?
Oui, à la condition que la certification soit délivrée par un tiers indépendant, lui-même accrédité. La fiabilité dépend de qui réalise le contrôle, pas de la zone géographique du fournisseur.
La norme ISO/IEC 17000, qui fixe le vocabulaire de l’évaluation de la conformité, situe ce contrôle en première partie lorsque l’organisation se déclare elle-même conforme, en deuxième partie lorsque son client l’audite, en tierce partie lorsqu’un organisme extérieur intervient. Selon l’accréditation de cette tierce partie, la fiabilité se hiérarchise sur quatre niveaux.
- La tierce partie accréditée : un organisme indépendant surveillé par une autorité publique comme le COFRAC, le niveau le plus robuste, celui d’une certification SA8000.
- La tierce partie non accréditée : une vérification par un tiers sérieux, sans contrôle public de sa compétence, comme un audit social amfori BSCI.
- La deuxième partie : l’audit qu’un client mène directement chez son fournisseur.
- L’auto-déclaration de première partie : l’organisation atteste elle-même sa conformité, sans regard extérieur, ce qui ouvre un risque de complaisance.
Cette grille aide à écarter le greenwashing : une démarche vérifiée par un tiers accrédité offre plus de garanties qu’un signe décerné par son propre créateur.
Quelles certifications RSE existent ?
Les certifications qu’une entreprise peut détenir sont réparties en trois familles.
- Les certifications de système de management attestent qu’une organisation pilote un domaine selon un référentiel audité : ISO 14001 pour l’environnement, ISO 45001 pour la santé et la sécurité au travail, ISO 50001 pour l’énergie, ISO 9001 pour la qualité.
- Les certifications sociales portent sur les conditions de travail d’un site, la principale étant SA8000, délivrée par une tierce partie accréditée.
- Les certifications de produit portent sur l’objet et non sur l’entreprise : elles relèvent des labels apposés sur l’article.
À côté de ces certifications, des démarches de vérification évaluent un fournisseur sans délivrer de certificat : les audits amfori BSCI et SMETA produisent un rapport noté, consultable par les clients. La section suivante détaille ces démarches d’audit social, les plus demandées dans les chaînes d’approvisionnement.
Quelles démarches d’audit social existent ?
Les trois principales démarches d’audit social des chaînes d’approvisionnement sont amfori BSCI, SA8000 et SMETA. Elles visent à contrôler les conditions de travail des fournisseurs situés en amont du produit fini.
- amfori BSCI permet d’évaluer les différents sites de production sur la base de treize domaines sociaux aboutissant à un rapport noté de A à E, sans certification.
- SA8000 propose une certification par une tierce partie accréditée sur la base de la norme sociale de Social Accountability International. La certification est délivrée pour trois ans sous condition d’audits réguliers.
- SMETA est une méthode d’audit du réseau Sedex. Reposant sur deux ou quatre piliers, elle aboutit à un rapport partagé entre membres sans donner lieu à un label.
Ces méthodes concernent l’entreprise et ses sites, à la différence des labels qui portent sur le produit lui-même.
Qu’est-ce que l’audit amfori BSCI ?
L’audit amfori BSCI n’est pas une certification mais bien une vérification sociale d’un site de production ; l’audit évalue les conditions de travail sur 13 domaines de performance et donne lieu à une note globale (de A à E).
Le référentiel s’inspire des conventions de l’Organisation internationale du travail et des principes des Nations unies relatifs aux droits humains ; chaque domaine fait l’objet d’un audit complet (du travail des enfants à la santé-sécurité).
Un site noté A ou B reste valable vingt-quatre mois ; un site noté C, D ou E repasse l’audit dans les douze mois.
Cinq situations conduisent à une alerte immédiate, déclarée sous 24 heures sur la plateforme amfori.
- le travail des enfants ;
- le travail forcé ;
- les traitements inhumains ;
- un danger imminent pour la santé et la sécurité ;
- un comportement contraire à l’éthique des affaires.
L’audit donne lieu à un rapport accessible aux membres et non à un certificat affichable. Pour vérifier une démarche amfori BSCI, l’entreprise est en droit de demander le rapport d’audit daté d’un site et la note globale obtenue.
Quelles certifications environnementales une entreprise peut-elle obtenir ?
Les certifications environnementales d’une entreprise sont l’ISO 14001, l’ISO 50001 et l’enregistrement EMAS.
- ISO 14001 certifie un système de management environnemental : maîtrise des déchets, des rejets et de la conformité réglementaire du site.
- ISO 50001 certifie un système de management de l’énergie, centré sur la réduction des consommations.
- EMAS, dispositif européen, ajoute à cette base une déclaration environnementale publique vérifiée par un organisme agréé.
Ces trois dispositifs portent sur l’organisation et ses sites, jamais sur un article du catalogue. Un fournisseur certifié prouve qu’il pilote ses impacts selon une méthode auditée ; la performance environnementale de l’objet livré relève des labels de produit.
Comment vérifier la certification d’un fournisseur ?
La certification d’un fournisseur se vérifie sur le certificat lui-même, jamais sur un logo affiché dans une plaquette ou un pied de page.
- Demander le certificat au format PDF, daté et nominatif.
- Contrôler l’organisme certificateur et son numéro d’accréditation.
- Lire le périmètre : sites et activités réellement couverts.
- Vérifier les dates de validité et la date du dernier audit de surveillance.
- Recouper le numéro dans l’annuaire public de l’organisme d’accréditation.
Un certificat expiré, restreint à un site qui ne produit pas la commande, ou délivré par un organisme sans accréditation reconnue n’apporte aucune garantie sur l’objet livré.
Quels abus de langage entourent la certification ?
Les abus de langage les plus fréquents sont l’auto-déclaration présentée comme une certification, le certificat détourné de son périmètre et la norme confondue avec sa certification.
- Une entreprise annonce être « certifiée ISO 26000 » : cette norme est un référentiel de lignes directrices, aucune certification n’existe.
- Un fournisseur affiche un rapport d’audit social comme un certificat : une vérification amfori BSCI produit une note, pas une attestation de conformité.
- Un groupe certifié sur un seul site laisse entendre que toute sa production l’est.
Ces trois cas se détectent avec les mêmes contrôles : lire le périmètre, l’organisme et la date. Une mention non vérifiable relève de l’allégation commerciale.
Quelle certification exiger d’un fournisseur de goodies ?
La preuve à exiger d’un fournisseur de goodies est fonction du risque à couvrir : un audit social pour une production hors Union européenne, une certification environnementale pour l’empreinte de fabrication.
Un fournisseur qui importe d’Asie apporte une preuve d’audit social récent, comme un rapport amfori BSCI ou une certification SA8000. Pour l’impact environnemental de ses procédés, la certification ISO 14001 atteste un système de management environnemental vérifié par un tiers.
Ces preuves portent sur le fournisseur ; elles se combinent avec les labels du produit, qui portent sur la matière et l’origine de l’objet publicitaire.
Une certification RSE garantit-elle un goodie écologique ?
Non, une certification ou une notation RSE qualifie le fournisseur, pas l’objet commandé. Une entreprise engagée vend parfois des goodies dont la matière n’est pas certifiée, et inversement.
La responsabilité d’un goodie se vérifie à deux niveaux complémentaires : la démarche de l’entreprise d’un côté, les labels écologiques du produit de l’autre, qui portent sur la matière, l’origine ou la recyclabilité des objets publicitaires.