Le label Fairtrade certifie les conditions commerciales d’achat d’une matière première, et non la façon dont elle a été cultivée. Il assure au producteur un prix plancher et une prime collective, là où les autres labels d’un catalogue de goodies portent sur la matière ou le procédé.
Cet article couvre le périmètre du label, son lien avec le nom Max Havelaar, ses différentes marques dont celle qui est réservée au coton, sa procédure d’obtention et son application aux goodies.
Qu’est-ce que le label Fairtrade ?
Le label Fairtrade se trouve sur les produits dont la matière première a été achetée à des organisations de producteurs selon des conditions commerciales garanties. La vérification porte sur le prix payé et sur la relation commerciale, non sur le mode de culture.
Deux mécanismes économiques le caractérisent : un prix minimum, qui joue un rôle de filet en cas d’effondrement du cours mondial, et une prime de développement, versée en plus du prix et gérée collectivement par l’organisation de producteurs.
Le référentiel appartient à Fairtrade International, organisation à but non lucratif basée à Bonn, en Allemagne. Elle le définit et le fait évoluer, et fédère les organisations nationales ainsi que les réseaux de producteurs des trois continents du Sud.
Fairtrade ou Max Havelaar : quelle différence ?
Fairtrade et Max Havelaar sont le même label sous deux appellations distinctes. Il n’existe pas de label Max Havelaar différent du label Fairtrade.
Le nom Max Havelaar est utilisé en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Norvège, où les organisations nationales l’ont conservé pour des raisons historiques. Ailleurs, ce même label s’appelle simplement Fairtrade.
En France, le label est promu et géré par l’association Max Havelaar France, créée en 1992 par trois associations de solidarité internationale. Membre fondateur du mouvement Fairtrade, elle applique un référentiel qu’elle ne définit pas : celui-ci reste la propriété de Fairtrade International.
Une fiche produit qui annonce « Fairtrade », « Max Havelaar » ou « Fairtrade / Max Havelaar » renvoie donc au même cahier des charges.
Que garantit le label Fairtrade ?
Le label Fairtrade garantit un prix d’achat minimum et une prime de développement versés à l’organisation de producteurs. C’est ce qui le différencie des labels de matière, centrés sur la composition du produit.
Ces deux mécanismes économiques sont décrits ci-après.
- Le prix minimum Fairtrade : un plancher défini par produit et par région, qui s’applique lorsque le cours du marché passe en dessous.
- La prime de développement Fairtrade : une somme versée en plus du prix d’achat, dont l’usage est décidé collectivement par l’organisation de producteurs.
Ce schéma détaille les deux mécanismes et ce sur quoi porte réellement le contrôle.

Des critères sociaux complètent ces mécanismes : interdiction du travail forcé et du travail des enfants, liberté syndicale, conditions de travail encadrées. S’y ajoutent des critères environnementaux portant sur la gestion de l’eau, des sols et des pesticides.
Ces critères environnementaux ne valent pas certification biologique. Un produit Fairtrade peut être issu d’une culture conventionnelle, et la mention « bio » dépend d’un autre référentiel.
À quoi ressemble le logo Fairtrade ?
Le logo Fairtrade représente une silhouette humaine bleue levant le bras, adossée à une forme verte, sur un fond carré noir. Ce pictogramme se décline en plusieurs marques, qui n’ont pas les mêmes exigences.
Ce schéma détaille les quatre éléments du marquage et ce que chacun permet de vérifier.

Les marques du label sont décrites ci-après.
- La marque classique : la totalité des ingrédients disponibles en Fairtrade a été achetée à ces conditions, avec une traçabilité de bout en bout.
- La marque à flèche : un produit composé, dont le contenu Fairtrade atteint au minimum 20 %, la flèche renvoyant au détail au dos de l’emballage.
- La marque d’ingrédient sourcé : un seul ingrédient est acheté en Fairtrade, mais à 100 % de son volume.
- La marque coton : le produit contient au moins 50 % de coton, et la totalité de ce coton est certifiée Fairtrade.
Ce schéma compare les quatre marques et la règle de composition propre à chacune.

Seule la marque coton concerne directement un goodies textile. Elle exige la séparation physique du coton certifié à chaque étape de transformation, ce qui interdit le mélange comptable pratiqué sur d’autres matières.
La vérification passe par le numéro de licence du titulaire, qui doit accompagner le logo.
Comment un produit obtient-il la certification Fairtrade ?
Un produit est certifié Fairtrade à partir du moment où le producteur et chaque intermédiaire commercial ont été audités par FLOCERT. La certification s’effectue en quatre étapes.
- Faire certifier l’organisation de producteurs sur les critères sociaux, économiques et environnementaux du référentiel.
- Faire certifier chaque acheteur et chaque transformateur intervenant sur la chaîne commerciale.
- Documenter les volumes achetés aux conditions Fairtrade, ainsi que le prix et la prime versés.
- Obtenir la licence d’utilisation de la marque correspondant au produit.
Les audits sont menés par FLOCERT, organisme allemand accrédité selon la norme ISO 17065 depuis 2007 et lui-même audité chaque année par l’organisme d’accréditation allemand. Après la certification initiale, l’entreprise est auditée au moins deux fois dans le cycle, des audits inopinés pouvant venir en complément.
Pourquoi choisir des goodies certifiés Fairtrade ?
Opter pour des goodies certifiés Fairtrade apporte une réponse à ce que les labels de matière laissent en suspens : ce que le producteur a effectivement perçu. Un coton peut être biologique, traçable et fabriqué en Europe sans que l’on sache combien a été payé au cultivateur.
Le label apporte cette information, et elle est vérifiable : le prix minimum et la prime figurent dans les documents d’audit du fournisseur. Pour un acheteur qui construit une commande sur un argument social, c’est la seule preuve documentaire disponible.
La portée reste limitée à la matière première. Le label ne dit rien de l’empreinte carbone du produit fini, ni des conditions de sa confection en aval de la filature.
Quels produits peuvent être certifiés Fairtrade ?
Les produits certifiables Fairtrade sont ceux dont la matière première provient d’organisations de producteurs du Sud. Les familles concernées sont décrites ci-après.
- Les denrées alimentaires : cacao, café, thé, sucre et bananes.
- Le coton : la fibre destinée au textile, couverte par une marque dédiée.
- Les autres filières : or, fleurs coupées et plantes à parfum.
Ce schéma détaille la règle de composition qui s’applique à un textile portant la marque coton.

Sur un catalogue de goodies, deux familles seulement sont réellement mobilisables. Le coton couvre les textiles et la bagagerie, l’alimentaire les coffrets gourmands. Les objets en plastique, en métal ou en verre demeurent hors périmètre, faute de matière première agricole.
Fairtrade ou GOTS : quelle différence ?
Fairtrade et GOTS ne contrôlent pas le même aspect : Fairtrade certifie le prix payé au producteur de coton, GOTS certifie la culture biologique de la fibre et sa transformation.
Un t-shirt en coton biologique peut avoir été acheté à un prix inférieur au plancher équitable, et un t-shirt Fairtrade peut être issu d’une culture conventionnelle. Les deux référentiels répondent à des questions disjointes.
Les deux certifications ne sont pas exclusives, et un produit portant les deux marques offre les deux garanties. Un acheteur sensible à la rémunération du producteur retient Fairtrade, un acheteur sensible au mode de culture retient le label GOTS.
Quels autres labels pour des goodies responsables ?
Les autres labels appliqués aux goodies sont répartis en cinq familles, chacune répondant à une question différente.
- Les labels de matière : ils certifient la composition d’une matière, coton biologique ou polyester recyclé.
- Les labels environnementaux généralistes : ils jugent l’impact du produit sur l’ensemble de son cycle de vie.
- Les labels d’origine et de fabrication : ils concernent le lieu où la valeur ajoutée a été apportée.
- Les labels d’impression et de marquage : ils caractérisent le procédé de personnalisation et l’atelier qui l’applique.
- Les labels d’entreprise : ils jugent le fournisseur et non l’objet qu’il vend.
Ces cinq familles structurent le paysage des labels éco-responsables qu’un acheteur rencontre sur un catalogue, avec des niveaux de contrôle et des périmètres très différents de l’une à l’autre.