Carton recyclé : définition, types et usages

La rédaction 12 min de lecture

Le carton recyclé remplace la fibre vierge par de la fibre déjà utilisée, sans rien changer à sa fonction d’emballage. Cet article couvre sa définition, ses types et son procédé de recyclage.

La fibre se raccourcit à chaque passage en pâte, ce qui limite le nombre de cycles et oblige à réintroduire de la fibre vierge. Son aspect, ses propriétés mécaniques et son bilan écologique dépendent directement de cette fibre plus courte.

Qu’est-ce que le carton recyclé ?

Le carton recyclé est un matériau d’emballage dont les fibres cellulosiques sont issues de vieux papiers et cartons collectés, désencrés et remis en pâte. La cellulose récupérée reste le même polymère que la cellulose vierge, mais la matière collectée apporte des charges minérales et des résidus d’encres et d’adhésifs qui excluent le carton recyclé du contact alimentaire direct.

Deux gisements alimentent la filière. Le premier regroupe les emballages récupérés après usage chez les ménages et les entreprises, chargés d’encres et d’adhésifs. Le second rassemble les chutes de production des cartonneries et des imprimeries, qui n’ont jamais quitté le circuit industriel et arrivent propres.

La fibre recyclée se différencie de la fibre vierge par sa capacité de liaison. Les séchages successifs rigidifient la paroi des fibres et leur font perdre cette capacité, un phénomène que la profession appelle cornification. D’une boucle à l’autre, la résistance du matériau final s’affaiblit.

Le matériau couvre la majeure partie des emballages de transport et de présentation, des caisses d’expédition aux coffrets cadeaux en passant par les calages intérieurs. Ce gisement revient massivement en filière : selon l’ADEME, sur les données 2023, le taux de recyclage des emballages en papier-carton atteint 94,8 % en France, tous emballages ménagers, industriels et commerciaux confondus. Sur le seul périmètre des emballages ménagers, ce taux tombe à 69 %.

Quels sont les différents types de carton ?

Les différents types de carton se répartissent en quatre familles dans les usages promotionnels, que leur structure interne et la pâte qui les compose distinguent. Chacune accepte la fibre recyclée dans des proportions différentes.

  1. Carton ondulé : une ou plusieurs feuilles ondulées, les cannelures, collées à l’amidon entre des feuilles planes appelées couvertures. Cette structure alvéolaire absorbe les chocs et supporte l’empilage. Selon Carton Ondulé de France, le kraftliner en fibre neuve couvre 115 à 440 g/m² et le testliner en fibre recyclée 90 à 250 g/m². Une cannelure recyclée medium démarre à 100 g/m², une cannelure légère descend jusqu’à 75 g/m². La charge à porter commande le choix entre simple, double et triple cannelure. La fibre recyclée y domine la composition : la même fédération relève que 89 % des fibres du carton ondulé proviennent du recyclage.
  2. Carton compact : plusieurs couches de pâte pressées sans cannelure, d’où une surface lisse et une épaisseur régulière. Il sert aux étuis, aux coffrets et aux boîtes de présentation, là où le rendu visuel prime sur la résistance. Sa couche interne intègre couramment de la fibre recyclée, sa couche externe reste vierge pour la blancheur.
  3. Carton kraft : pâte peu blanchie, teinte brune caractéristique, fibres longues qui lui donnent sa résistance à la déchirure. Il équipe les sacs, les pochettes et les boîtes à l’esthétique brute. Le kraft vierge domine les usages structurels, le kraft recyclé les usages de présentation.
  4. Carton gris : fibres entièrement recyclées, non blanchies, pressées en une plaque rigide de forte épaisseur. Il forme l’âme des coffrets rigides et des supports de bureau, recouvert d’un papier imprimé.

Cette illustration réunit les quatre familles côte à côte, de la cannelure du carton ondulé à la plaque non blanchie du carton gris.

quatre types de carton : carton ondulé et ses cannelures, carton compact lisse, carton kraft froissé, carton gris à inclusions sombres

Le procédé qui transforme les vieux papiers en ces quatre types suit une chaîne industrielle stable.

Comment le carton est-il recyclé ?

Le carton est recyclé en six étapes industrielles qui transforment les vieux papiers en bobine neuve. Chacune traite la matière par un moyen mécanique ou chimique.

  1. Trier les gisements par sorte. Les centres séparent les cartons bruns d’expédition des cartons imprimés et des complexes plastifiés, chaque sorte donnant une pâte de qualité différente.
  2. Défibrer en pulpeur. Une cuve brasse le carton dans l’eau et rompt les liaisons entre fibres, ce qui donne une pâte liquide où la cellulose flotte librement.
  3. Épurer la pâte. Des cyclones et des tamis retirent les agrafes, les sables, les colles et les films plastiques restés accrochés à la matière.
  4. Désencrer quand la sorte l’exige. L’injection d’air fait remonter les particules d’encre en surface, une mousse les emporte, et la pâte retrouve sa teinte de base.
  5. Raffiner et disperser la pâte. Un traitement mécanique rouvre la surface des fibres et fragmente les points collants résiduels avant l’arrivée sur la machine à papier.
  6. Former la feuille. La pâte s’égoutte sur une toile, passe entre des presses puis sur des cylindres chauffants qui évaporent l’eau résiduelle et referment les liaisons entre fibres.

Cette frise suit les six étapes dans l’ordre, du tri des gisements à la formation de la feuille.

les six étapes du recyclage du carton : trier, défibrer, épurer, désencrer, raffiner, former

Le procédé raccourcit la fibre à chaque passage et accentue la cornification, ce qui explique le mélange courant avec de la fibre vierge. Selon le COFEPAC, comité français des emballages papier-carton, l’emballage industriel et commercial représente près de 80 % des tonnages du secteur, un gisement collecté en flux séparés qui tire vers le haut le taux de recyclage national.

Quelles sont les propriétés du carton recyclé ?

Les propriétés du carton recyclé tiennent en cinq caractéristiques techniques que la qualité de sa fibre et sa mise en forme commandent. Chacune porte une contrepartie que le choix de l’objet arbitre.

  1. Résistance à la compression : le test de résistance à la compression sur chant (ECT) écrase le carton assemblé sur sa tranche et exprime le résultat en kilonewtons par mètre, selon la norme ISO 3037. Selon la liste européenne des papiers pour ondulé de Cepi ContainerBoard, l’indice de compression sur courte distance en travers (SCT-CD) tombe de 18,0 pour un kraftliner brun à 17,5 pour un testliner 1 et 11,5 pour un testliner 4. L’écart entre fibre vierge et fibre recyclée va de 3 % à 36 % selon la qualité retenue, que les cartonniers compensent en montant le grammage ou en ajoutant une cannelure.
  2. Rigidité : elle croît avec le grammage et l’épaisseur. Un carton gris recyclé de forte épaisseur tient mieux la forme qu’un compact fin, au prix du poids et du volume de transport.
  3. Sensibilité à l’humidité : la cellulose absorbe l’eau ambiante et perd sa tenue au-delà d’un certain taux de reprise. Les usages extérieurs ou réfrigérés exigent un traitement de surface qui complique le recyclage ultérieur.
  4. Imprimabilité : la surface recyclée reste plus rugueuse et plus grise que la surface vierge. Les aplats et les traits épais y gagnent, les dégradés fins et les blancs purs y perdent.
  5. Recyclabilité : la filière reprend la matière sans étape de séparation, à condition qu’aucun film plastique ni vernis ne recouvre la surface.

La recyclabilité effective décide du bilan environnemental que la filière revendique.

Le carton recyclé est-il vraiment écologique ?

Oui, le carton recyclé préserve la ressource forestière et évite l’étape de cuisson chimique de la pâte. Ce gain tient tant que la fin de vie reste dans la boucle : un traitement de surface qui obstrue le retour en pulpeur l’annule.

Le logo triangulaire imprimé sur un emballage ne qualifie pas à lui seul sa fibre. Quatre facteurs commandent son bilan réel, tous vérifiables auprès du fournisseur.

  1. Le taux de fibre recyclée réel : un carton dit recyclé mélange couramment fibre récupérée et fibre vierge pour tenir la résistance, et le pourcentage exact change tout au bilan ;
  2. Les traitements de surface : un pelliculage plastique ou un vernis sortent l’emballage de la filière papier et l’envoient en incinération ;
  3. L’énergie de séchage : l’évaporation de l’eau concentre la consommation du procédé, et le mix énergétique de la papeterie fait varier l’empreinte du même carton ;
  4. La distance de transport : un carton volumineux voyage mal, et un approvisionnement lointain efface une partie du gain matière.

Le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages fixe, à son article 52, un objectif de recyclage de 75 % pour le papier et le carton au 31 décembre 2025 et de 85 % au 31 décembre 2030. La filière française dépasse déjà ces deux seuils sur le périmètre tous emballages, ce qui déplace l’enjeu vers la qualité de la fibre remise en circulation sur ce périmètre. Le périmètre ménager, à 69 %, reste sous les deux seuils, celui de 2025 comme celui de 2030.

Le carton recyclé coûte-t-il plus cher ?

Non, le carton recyclé coûte moins cher que le carton vierge à grammage égal, la matière récupérée s’achetant en dessous du prix de la pâte neuve. Cette base de comparaison vaut pour la matière première seule : l’écart se resserre dès que la résistance devient contraignante.

Trois déterminants commandent l’écart réel sur un devis.

  • Le niveau de résistance exigé : atteindre la tenue d’un kraft vierge impose de monter le grammage ou d’ajouter une cannelure, ce qui rattrape l’économie de matière.
  • Le cours des vieux papiers : la matière récupérée se négocie à la tonne sur un marché volatil, indexé sur la demande des papeteries.
  • Le format et la quantité : un format standard sorti d’un outil existant échappe aux frais de découpe, qu’un fournisseur facture en supplément sur une forme spécifique. La quantité commandée répartit ce coût d’outillage sur plus d’unités.

Le prix se lit à la tonne pour la matière et à l’unité pour l’emballage fini. Un devis compare les deux options à résistance équivalente, jamais à grammage équivalent.

Pourquoi choisir le carton recyclé pour ses goodies ?

Le carton recyclé porte le message environnemental d’une commande de goodies pour un coût contenu, en emballage comme en objet. Sa couleur brute et ses fibres apparentes appuient le discours.

Trois cas le rendent légitime. Un coffret scénarise un objet éco-responsable et son emballage tient le même discours. Un calage de transport termine dans la poubelle de tri du destinataire, ce qui rend sa recyclabilité déterminante. Un support de communication à durée de vie courte tire sa valeur de sa recyclabilité, pas de sa longévité.

Deux situations l’écartent. Un objet exposé à l’humidité ou manipulé quotidiennement dépasse la tenue de la fibre cellulosique. Un visuel photographique en quadrichromie perd sa densité sur une surface recyclée.

Quels goodies peut-on fabriquer en carton recyclé ?

Les goodies que l’on peut fabriquer en carton recyclé forment cinq familles d’objets promotionnels, toutes construites sur sa rigidité, la plupart sur son imprimabilité.

  1. Boîtes et coffrets : écrins de welcome pack, boîtes cadeaux, coffrets de dégustation.
  2. Calages et inserts : berceaux découpés, croisillons et plateaux alvéolés qui maintiennent l’objet dans son emballage.
  3. Supports de bureau : porte-crayons, corbeilles et organiseurs en carton gris.
  4. Présentoirs : displays de comptoir, totems de salon et chevalets de PLV, montés puis démontés.
  5. Papeterie rigide : couvertures de carnets, sous-mains, porte-documents.

Cette photographie aligne les cinq familles, du coffret à couvercle à la couverture de carnet rigide.

cinq objets promotionnels en carton recyclé : coffret, calage alvéolé, porte-crayons, présentoir chevalet, couverture de carnet

Le choix d’un objet en carton recyclé se combine avec la technique de marquage que sa surface accepte.

Comment personnaliser un emballage en carton recyclé ?

Personnaliser un emballage en carton recyclé passe par quatre techniques de marquage que sa surface rugueuse et foncée commande. Le rendu se joue au choix de la technique, pas à la richesse du fichier.

L’impression directe en flexographie ou en jet d’encre convient aux aplats et aux traits épais, que la fibre absorbe sans les déformer. La sérigraphie permet de déposer une couche opaque qui ressort sur le brun, y compris en blanc. Le gaufrage joue le relief sans encre et laisse la matière intacte pour le recyclage. Le marquage à chaud applique un film métallisé dont le fournisseur documente le comportement en filière.

Les dégradés fins et les photographies restent le point faible, la surface les buvant. Un pelliculage brillant règle ce problème de rendu, au prix de la recyclabilité de l’emballage.

Carton recyclé ou papier recyclé : quelle différence ?

Le carton recyclé se distingue du papier recyclé par son grammage et par sa rigidité, non par sa matière première. Les deux proviennent de la même pâte de fibres cellulosiques récupérées.

La norme ISO 4046 place la frontière autour de 250 g/m², avec des exceptions selon les sortes. La matière garde sa souplesse en deçà de ce seuil, et gagne en épaisseur et en tenue au-delà, ce qui lui ouvre les structures qui portent une charge ou tiennent debout.

Une affiche, un dépliant et une pochette souple relèvent du papier recyclé, dont la fabrication suit la même chaîne de désencrage et de remise en pâte.

Quelles autres matières écoresponsables choisir ?

Les autres matières écoresponsables se choisissent dans trois familles, les fibres végétales cultivées et les matières durables non biosourcées en tête. La troisième, celle des matières recyclées, réunit le carton recyclé, les textiles et les plastiques récupérés.

Un programme cadeaux cohérent combine plusieurs familles selon l’objet à produire. Les fibres végétales cultivées servent le textile, les matières recyclées l’emballage et les supports, les matières durables non biosourcées les objets à longue vie.

Le choix se fait objet par objet, chaque famille de matières écoresponsables portant ses propres preuves et ses propres limites.

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